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Pr Mamoudou Hama Dicko : L’enseignant-chercheur, l’administratif et le politique

jeudi 6 janvier 2011

Enseignant-chercheur en biochimie et en biotechnologie à l’université de Ouagadougou, Pr Mamoudou Hama Dicko est actuellement directeur général du centre national des œuvres universitaires (CENOU). A ce titre, il assure le management des œuvres sociales à l’endroit des étudiants. Il est aussi membre fondateur de la Fédération associative pour la paix avec Blaise Compaoré (FEDAP/BC), membre du bureau politique national du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP). Pr Dicko est également titulaire de16 certificats dans des domaines variés allant des sciences exactes, sciences appliquées aux techniques de la rédaction et de la communication scientifique. Focus sur le l’enseignant-chercheur, le dirigeant et le politique.

Pr Mamoudou Hama Dicko a été porté à la tête du centre national des œuvres universitaires (CENOU) le 4 Août 2008, pendant que la plupart des universités du Burkina traversaient une crise sociale et académique. L’université de Ouagadougou fermée, les œuvres universitaires étaient suspendues. Un moment difficile pour les étudiants mais aussi pour le nouveau DG. Son prédécesseur, Robert Sangaré avait quasiment fait l’unanimité au sein des étudiants. Ce qui rendait encore la tâche du professeur plus ardue.

Certains, sinon la plupart le considéraient comme « un homme à la solde du pouvoir venu fouler au sol les acquis engrangés sur le volet social ». Mais Pr Dicko est mentalement fort. Dès son arrivée, il se veut ferme et réaliste dans sa gestion des œuvres universitaires. Dès son arrivée, il cherche à gagner la confiance des étudiants puis, se fixe pour priorité l’assainissement de la gestion financière. Pour y arriver, il fait supprimer le dessert au niveau des restaurants universitaires. Ce qui permet de réduire les charges de l’Etat de 600 millions de francs CFA par an. Ensuite, certaines cités universitaires insalubres, insécurisés et budgétivores sont fermées.

De Koudougou à Ouagadougou en passant par Bobo-Dioulasso, le prix du lit de la chambre varie entre 1000f et 4000f/mois par étudiant y compris l’eau et l’électricité. Le prix du repas fait partie des moins cher au monde (100f/plat). La part contributive de l’étudiant est donc de 13% et l’Etat 87%. « J’avoue que le Burkina est l’Etat le plus provident dans la sous-région à l’endroit de l’étudiant », soutient Pr Dicko. Mais, jusque là, le transport des étudiants constitue le goulot d’étranglement.

Pour assurer la continuité dans le transport des étudiants, le Centre national des œuvres universitaires compte impliquer davantage le privé et les collectivités locales. Dans les années à venir, 135 bus viendront renforcer le parc des compagnies de transport à l’endroit des étudiants, à en croire les dire de son premier responsable. Les étudiants de Bobo mais également Ouaga 2, l’Université de Ouagadougou et l’Université de Koudougou pourraient en bénéficier.

La marque Dicko : équilibrage du budget

Au bout de deux ans, Mamoudou Dicko semble avoir réussi à imprimer sa marque à l’institution. Avec ses collaborateurs, il a sorti le CENOU des dérives budgétaires et de l’endettement. « Nous sommes actuellement dans une dynamique d’équilibrage du budget du CENOU où on roule pratiquement sans dettes au niveau de la restauration, sans dettes au niveau des loyers en cours, sans nouvelles dettes au niveau de l’eau et de l’électricité », se réjouit Pr Dicko. L’Etat a consenti à des efforts en apurant des dettes de restauration de plus de 2,7milliards. Néanmoins, le CENOU reste toujours redevable envers certains prestataires. Mais, la pression sociale, les séquestrations faites par les étudiants et souvent l’incompréhension des partenaires financiers ne sont pas pour lui faciliter la tâche. En deux ans, DG a été séquestré au moins quatre fois par des étudiants. « C’est frustrant », avoue-t-il. Mais il tient bon car, il se trouve être le père et la mère des étudiants, partageant les bonheurs et les malheurs ensemble.

Pr Dicko, l’anglophone

L’actuel directeur général du CENOU est titulaire de deux thèses de doctorat : une thèse de troisième cycle soutenu à l’université de Ouagadougou en 1999, puis un PhD à l’université de Wageningen en Hollande en 2005. Il est donc enseignant-chercheur à l’université de Ouagadougou depuis 2001. Pour aller plus vite dans sa carrière, Mamoudou Hama Dicko utilise sa thèse de doctorat de troisième cycle pour passer maître assistant et les travaux de son PhD auxquels il adjoint d’autres travaux d’encadrement des étudiants pour passer maître de conférences en juillet 2006 à seulement 35 ans. Son second atout, c’est le système anglo-saxon.

« La rédaction scientifique et l’Anglais comme langue de recherche constitue mes avantages », précise-t-il. D’ailleurs, « scientifiquement, je suis anglophone, administrativement et professionnellement je suis francophone », confie-t-il. Même sa thèse de doctorat de troisième cycle, Mamoudou Hama Dicko l’avait rédigé en Anglais avant de la traduire en Français car il devait la soutenir à l’université de Ouagadougou. Dans le domaine de la biochimie, la technologie alimentaire, la nutrition, les biotechnologies, la bibliographie est accessible en Anglais, et l’on est mieux compris par les pairs scientifiques. L’Anglais permet aussi de mieux vendre se vendre à l’échelle internationale.

Le major

Rien d’étonnant dans l’avancement rapide du Pr Dicko dans sa carrière universitaire. Il a quasiment toujours été major de sa promotion. Après son certificat d’étude primaire, son père bien qu’étant éleveur Peulh a eu la bonne intuition en l’extirpant des troupeaux de bœufs pour l’inscrire à Ouagadougou dans un lycée privé. Le jeune Mamoudou était donc investi d’une mission et il l’a bien compris. Il a rempli sa part de contrat non sans quelques obstacles qui ont forgé son mental. Major de sa promotion, au DEUG, en Licence et en Maîtrise de biochimie, le jury aurait voulu l’écarter pour le DEA. Mais grâce à la vigilance de feu Pr Akri Coulibaly, Dicko obtint la bourse pour poursuivre. Pour prouver sa compétence aux yeux de tous, Mamoudou Dicko a surclassé ses camarades en établissant une différence de 4 de moyenne entre le 2e de sa promotion et lui. « Là, j’en suis très fier lorsque je raconte ça », avoue-t-il le sourire aux lèvres.
Pour son orientation en sciences de la vie et de la terre (SVT), en bon musulman croyant, il l’impute à la volonté de Dieu.

Initialement son choix s’était porté sur la pharmacie mais il n’obtint pas de bourse. Donc, l’alternative se situait entre CBBG (Chimie biologie, biologie géologie) et maths physiques. Les conseils du Dr Tcham L. Cheick (ancien ministre de la culture du Burkina) l’envoient en CBBG, une nouvelle filière plus porteuse que les sciences classiques. Au final, pas de regret. Pr Mamoudou Hama Dicko est actuellement le directeur d’un laboratoire de biochimie à l’Université de Ouagadougou, indépendamment de ses fonctions administratives. Et là encore, il rend grâce au seigneur car il n’a pas eu besoin des fonds de l’Etat pour la construction de ce laboratoire. En plus de la formation des étudiants, ce laboratoire sert à des contrôles de qualité approfondis de produits alimentaires en collaboration avec le Laboratoire national de santé publique.

« Je suis issu d’une école où la recherche doit nourrir son homme », rappelle Pr Dicko. Mieux, il doit être à mesure d’attirer des fonds internationaux vers son pays. Mais pour y arriver, il doit être fidélisé à son poste avec un salaire conséquent afin d’avoir un certain équilibre social. Sur ce plan, le Burkina doit encore faire des efforts pour que les chercheurs s’épanouissent intellectuellement et socialement.

Le politique

DG du CENOU, directeur de laboratoire (BAEBIB), enseignant-chercheur auteur de 20 publications dans des revues internationales de haut niveau scientifique, enseignant-chercheur invité dans plusieurs universités africaines et européennes, participant et organisateur de plusieurs rencontres internationales de plusieurs universités, Pr Mamoudou Hama Dicko est aussi un homme non moins politique car elle est « tellement précieuse que tout le monde doit s’intéresser », pense-t-il. Il est membre du bureau politique national du CDP et membre fondateur de la FEDAP/BC. Il fut le directeur provincial de campagne de Blaise Compaoré dans le Séno à la présidentielle de novembre 2010.

Sa vision du développement du Burkina et du Burkina repose sur trois axes que sont l’éducation et la formation professionnelle, le civisme et la consolidation des institutions républicaines. Il est très admiratif des mesures gabonaises (la fermeture des maquis à partir de 22h. A défaut de les fermer, il faudrait les insonoriser.

En dépit de ses activités politiques, Pr Dicko demeure un scientifique de haut niveau. Depuis Novembre 2008, il est membre du conseil scientifique de la fondation internationale pour la Science (FIS, www.ifs.se). Il est l’éditeur en chef du journal international : African Journal of Food Science : www.academicjournals.org/AJFS. Pr Dicko est également manager général de plusieurs établissements publics de l’Etat (EPE) et membres de neuf sociétés savantes. Il est titulaire de16 certificats dans des domaines variés allant des sciences exactes, sciences appliquées aux techniques de la rédaction et de la communication scientifique.

Né le 31 décembre 1969 à Dori, Burkina Faso, il est marié et père de quatre enfants. Pr Dicko consacre ses rares temps libres à jouer à la belotte.

Moussa Diallo

Lefaso.net

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