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Jean Marie Bouda, architecte marbrier Burkinabè vivant à Istanbul : « Je suis sûr d’être le meilleur de la sous région »

vendredi 20 avril 2012

A 32 ans et père de deux enfants, le Burkinabè de Turquie, Jean Marie Bouda, est très convaincu de ses forces d’architecte marbrier. Malgré sa relative jeune carrière, il a déjà à son actif, des fontaines, des sculptures, des monuments. Fort de ces réalisations, Jean Marie envisage rentrer au bercail pour faire valoir son savoir-faire. Mieux, il ambitionne de rayonner en Afrique de l’Ouest, tellement il a foi à ses compétences acquises au bord du détroit de Bosphore.

« J’ai des projets pour le Burkina-Faso car je compte y ouvrir un atelier qui sera la première dans la sous région. Même s’il y a des marbriers je suis sûr d’être le meilleur. Je formerai des jeunes et j’en embaucherai », assure t-il. Né en 1980 à Abidjan, en Côte d’Ivoire, Jean Marie ne résistera pas éternellement aux sirènes de l’immigration. Ainsi, en 2008 il débarque en Turquie, plus précisément à Istanbul. Dans la capitale économique turque, il est tout de suite confronté au problème de travail, lui qui était sans qualification professionnelle. Que faire ? Il décide de se rendre en province afin d’apprendre le métier de marbrier qui consiste à faire avec le marbre des constructions de monuments, de fontaines ou de décorer, toujours avec le marbre, des bâtiments.

Après le temps d’initiation en province, Bouda est de retour en 2010 à Istanbul pour pratiquer et perfectionner son art chez un grand marbrier. Le marbrier Burkinabè s’adapte si vite au point qu’à ce jour, il a déjà à son compteur des monuments, des fontaines, des sculptures. Au départ à la retraite de son patron, Jean Marie se lance depuis le début de l’année 2012 dans les affaires en tant qu’architecte marbrier. Ses affaires, à l’en croire, marchent bien, en dépit de la crise économique occidentale qui ne saurait laisser totalement indemne Ankara, partenaire de l’Union européenne et des Etats-Unis d’Amérique.

Aux jeunes Burkinabè qui voudraient immigrer comme lui, Bouda donne ce conseil :’’Assurez vos arrières et préparez-vous moralement à faire face à toute éventualité’’. « A mon arrivée à Istanbul, rien ne m’a surpris car je m’étais préparé moralement », nous confie t-il. Malgré son expatriation, Jean Marie Bouda dit rester en contact avec sa famille au Burkina Faso qu’il est loin d’oublier. Au-delà de sa famille, il prête attention à la vie de son pays qu’il dit apprécier en matière de développement. Jeune artiste aux opinions marquées, il ne mâche pas ses mots vis-à-vis des politiques : « Je m’intéresse à la vie politique burkinabè, mais beaucoup reste à faire. La politique telle qu’elle se pratique au pays est un gagne- pain.

Quand les gens se divisent pour créer un parti, cela signifie tout simplement qu’ils ne luttent pas pour le peuple, mais pour eux-mêmes ». A la question de savoir, s’il avait une sympathie pour un bord politique donné, Jean Marie s’est contenté de renvoyer dos-à-dos l’opposition et le pouvoir. Parlant du pouvoir, il a eu ces mots : ‘’Pour le parti au pouvoir, chacun tire la couverture de son côté. Ils sont ensemble mais ne partagent pas les mêmes idées. En clair, si Blaise quitte le pouvoir, la question de la succession va se poser au CDP’’.

Vis-à-vis de l’opposition dont il semble proche, ne serait-ce que par sa date de naissance (il est né un 4 août), l’architecte marbrier est encore plus virulent : « L’opposition, c’est encore pire. Les opposants n’ont qu’un but : remplacer le régime en place. Mais, ils ne sont pas unis. Plus de dix partis sankaristes créés, chacun se réclamant de l’idéal de Thomas Sankara. Tout cela ne fait que compliquer le travail du peuple qui ne sait plus à quel saint se vouer avec plus de 163 partis politiques dans un pays comme le nôtre ».

Et de conclure sur ce ton teinté d’humour : ‘’Moi, personnellement, je n’ai pas de parti. Et si je dois en avoir, ce sera celui du meilleur analyste avec un bon plan de développement pour le Burkina Faso ’’.

En revanche, Jean Marie juge favorablement l’adoption par le Conseil consultatif sur les réformes politiques (CCRP) du vote des burkinabé de l’étranger. « C’est une bonne chose car ça va nous permettre de nous exprimer et d’avoir nos mots à dire sur la direction du pays », se réjouit-il.

Grégoire B. BAZIE

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